Analyse

Rabat est central dans la politique européenne visant à contenir les migrants illégaux. Depuis 2018, 343 millions d’euros d’aides ont été versés par l’Union européenne au royaume chérifien, notamment pour la formation de sa police.

  • Pierre Cochez,

Les arrivées illégales aux Canaries font l’objet d’une intense activité diplomatique. Cette année, 18 000 migrants ont atteint l’archipel espagnol, situé au large des côtes marocaines, contre un peu moins de 3 000 l’an dernier. Ylva Johansson, la commissaire européenne aux affaires intérieures, était en visite au Maroc mardi 1er décembre.

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« Il semble que plus de la moitié des migrants soient marocains, et il est important de savoir comment faire en sorte qu’ils rentrent », a-t-elle affirmé. Mais elle promet aussi de faciliter les visas pour les Marocains : « Pour moi, avoir moins d’arrivées irrégulières et renvoyer ceux qui ne sont pas autorisés à rester est étroitement lié à la facilitation des visas et à la migration légale. »

Une aide financière pour Rabat

La commissaire européenne sait qu’elle a besoin du Maroc pour contenir l’arrivée de migrants sur les côtes espagnoles. L’Union européenne pourrait ainsi augmenter son aide financière à Rabat pour la sécurisation de ses frontières. Depuis 2018, le royaume chérifien a reçu 343 millions d’euros d’aides européennes, notamment pour la formation de sa police. La Commissaire européenne est disposée à étudier un mécanisme de compensation financière afin de soutenir le gouvernement à supporter les coûts de cette nouvelle crise migratoire.

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Ce point sera à l’ordre du jour du sommet européen des 10 et 11 décembre. L’Italie, l’Espagne, la Grèce et Malte ont uni leurs voix dans une lettre adressée mercredi 25 novembre aux dirigeants de l’Union afin d’exposer leurs inquiétudes concernant la pression migratoire sur leurs côtes.

Il y a une semaine, le ministre espagnol de l’intérieur Fernando Grande-Marlaska s’était rendu à Rabat pour expliquer que la politique de Madrid consiste à « renvoyer » les migrants « qui sont irréguliers et qui ne sont pas éligibles à la protection internationale ». Mais il avait pris soin de ménager son partenaire, soulignant la « coordination extraordinaire » de son pays avec le Maroc.

Source : La-croix.com